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Surcharge : Chapitre 3

Surcharge : Chapitre 3

11 décembre 2013 15 h 58 min0 comments

Chapitre 2

“La fête battait son plein”, comme le disait l’expression consacrée, sous la lumière tamisée d’un abat-jour que l’on avait recouvert d’une feuille de plastique colorée, lumière qui glissait sur le corps des danseurs en plein milieu du salon, surmontés d’un épais nuage de fumée grise. Trois canapés étaient regroupés sur le côté gauche de la pièce, où s’amassaient des étudiants sifflant leurs mauvaises bières. L’un d’eux portait sur la tête le carton sur lequel était étalé le logo Fritz Braü. Jean se demanda en souriant, et en avalant une nouvelle gorgée, qui avait bien pu amener une telle pisse d’âne. La silhouette blanche sur fond rouge lui rappelait ses années de cuites au lycée, entre deux cours de mécanique, pendant lesquelles ils s’installaient dans le parc en contrebas, pour siffler un pack avec ses collègues de classe. À quelques mètres des enfants qui jouaient sur le toboggan et la cage à écureuils. Une fois sur deux, l’un d’eux ne pouvait pas remonter, trop saoul pour aller en cours, il restait à vomir dans un buisson pendant que les autres lui trouvaient une excuse foireuse. Cette bière infâme, il en avait ingurgité des litres à cette époque. Aujourd’hui, il en enquillait par nostalgie plus qu’autre chose. L’un des danseurs avait jeté son t-shirt au milieu de la pièce, et courait derrière une fille, une petite étudiante à lunettes avec un grand sourire et des cheveux noirs frisés, qui le lui avait volé. Ils passèrent au milieu d’une bande de quatre personnes assises en cercle, qui s’amusaient à dégommer des capsules posées sur des canettes. Jean entendit la voix de Maxence protester, et comprit qui s’était invité à la dernière minute, qui avait ramené cette bière pourrie. Il voyait ses dreadlocks retenues sur le haut de son crâne par un bandeau qui lui donnait l’air d’un palmier flottant au vent. Il draguait Sylvie, une musicologue qui ces temps-ci ne parlait que de sa thèse sur un compositeur italien du XVIIe siècle. Sans rien dire, Jean leva son verre à la santé de son ami, et lui souhaita bien du courage.

Cette maison que Mathilde avait trouvé par hasard sur un site internet était une bénédiction. Elle vivait en colocation avec une étudiante coréenne qu’elle ne voyait jamais, une irlandaise à l’accent incompréhensible et aux longues jambes, ainsi qu’un couple d’allemands qui occupaient l’étage inférieur. En plein coeur de Lyon, à quelques arrêts du campus, on pouvait faire asseoir une trentaine de personnes dans le salon, autant sur la terrasse. Pour l’heure, il était difficile de savoir, Jean avait l’impression que tout ce qu’il y avait d’étudiants dans le coin s’était donné rendez-vous ici. Les bouteilles s’entassaient sur la table, la cendre remplissait lentement les fonds troubles des mauvais vins achetés à l’épicerie d’en dessous, un libanais qui fermait rarement avant quatre heures du matin. Le quartier était tranquille, les voisins discrets, et les deux mecs en-dessous ramenaient de temps en temps des bouteilles de leur pays, où ils retournaient tous les six mois. Il sortit son briquet pour allumer le bout du pétard qu’il tenait entre ses lèvres depuis un quart d’heure, pour tirer lentement trois lattes. Elles grimpèrent dans son cerveau, s’accrochant comme des lianes dans ses poumons pour se nicher autour de ses synapses, dissolvant peu à peu la gêne qu’il éprouvait toujours dans ce genre de soirée. À côté de lui, deux étudiants aux lunettes carrées, en chemise à carreaux ternes, discutait d’un livre de Samuel Beckett qu’ils devaient étudier pour un cours. Rien d’anormal. Ils en parlaient comme d’une torture, mais Jean ne voyait pas vraiment où ils voulaient en venir, car ils semblaient fiers de s’infliger ce poids dont ils se plaignaient. Il préférait rester loin de ce genre de discussion où son inculture – toute relative – se heurtait à la suffisance de personnes lancées dans leur domaine. Il n’en sortait rien de bon, en général.

Il se leva et marcha jusqu’au balcon, d’où l’on voyait les lumières de la ville qui se déroulaient sur ses pieds, un tapis intermittent d’éclats semblant communiquer entre eux. Une ville qui lui faisait penser à un organisme rampant, un système nerveux monolithique qui s’interfaçait au loin avec les banlieues anonymes du Sud et de l’Ouest. Lyon s’étendait comme une maladie infectieuse, dévorait les parcelles de terre sous la pression de l’aménagement urbain. D’ici quelques années, le motif encore fragmentaire recouvrirait les terres industrielles abandonnées par tous, sinon le chômage, à mesure que les citadins se faisaient chasser de leurs tours par la hausse des prix. Maillage de lotissements standardisés pour époque anonyme. Jean cracha par le balcon l’arrière-goût rance du goudron et de l’herbe sèche qu’un type de Perrache lui avait vendu bien trop cher. Il n’avait pas eu le temps de refaire le plein. Sa consommation l’inquiétait, il enchaînait les joints comme des clopes ces temps-ci, et s’était mis à fumer au boulot, chose qu’il s’était toujours refusé à faire. Sa vie s’enfonçait dans un nuage mou et trouble de THC, dans lequel il enfouissait sans doute une déprime lancinante. Elle aurait bien l’occasion de ressurgir sous peu, se dit-il. Toujours au moment le plus inopportun.

Il tourna la tête à sa droite pour y trouver celle qu’il cherchait. La lueur des lampes colorées dansait sur ses cheveux roux, dont la coiffure savamment étudiée s’était déroulée en dansant. Elle se tenait bien droite, plongée dans ses pensées, un poing aux jointures blanches fermé sur sa rage, l’autre tenant sa cigarette à portée de bouche, le coude géométriquement posé sur sa hanche. Un mince câble de plastique noir sortait de la poche de son jean, se glissait sous sa veste de cuir dont elle avait remonté la fermeture jusqu’en haut, pour se diviser en haut et s’accrocher à ses oreilles. Les yeux à moitié clos, elle avait à peine conscience de ce qui l’entourait, la musique s’échappait en crissant de ses écouteurs, on l’entendait d’ici. Toujours ce vieil album de Portishead dans lequel elle se murait dès qu’elle ne supportait plus la présence d’autres êtres humains autour d’elle. Une manière de se reposer, d’échapper un court instant à cette foule envers qui son dégoût se manifestait sans prévenir, l’obligeant parfois à fuir en courant sous peine d’étouffer. Sans contrôle, elle risquait de se mettre à dos tout ce qu’elle comptait d’amis et de connaissances. Et elle savait ne pas pouvoir se le permettre.

“- Ça va, ma chérie ?”

Il s’était approché d’elle en restant dans son champ de vision, doucement, comme il l’aurait fait d’un animal blessé et dangereux. Quand elle était dans cet état, il marchait sur des oeufs, sachant qu’elle pouvait lui exploser entre les doigts à la moindre contrariété. Ça s’était déjà produit, deux fois, où il avait fait le pied de grue devant l’immeuble où elle habitait, sans savoir s’il allait pouvoir la revoir ou non. Des engueulades pour des détails qui tombaient dans les plus mauvais moments, un service terminé trop tard, un repas de famille où il n’avait pas pu se rendre. Dans les deux cas, il avait simplement attendu. Elle ressortait à chaque fois comme si rien ne s’était passé, le sourire encore voilé par la colère, et l’emmenait faire les magasins ou boire un café, sans jamais aborder à nouveau le sujet. Il se sentait pris entre les sentiments qu’il éprouvait pour elle et l’impression d’être traité comme un animal de compagnie. Cette fille sortie de nulle part avait retourné son quotidien, bousculé comme il l’était désormais, il n’avait pas encore réussi à se réadapter, même après un an et demi. Il vivait dans la méfiance d’un nouveau coup de sang imprévu.

“- Ouais. J’avais juste besoin, disons… de prendre un peu l’air. Fait chaud à l’intérieur.”

Il passa ses bras autour de sa taille et l’embrassa sur la nuque, sentant le parfum délicat de ses cheveux, la douceur de la peau de ses bras et la chaleur de son corps. Pas si mal. À la réflexion, il ne savait sans doute pas à quoi s’attendre avec Léa, mais il trouvait sa place en son sein, se sentait justifié, plus qu’avec n’importe qui d’autre. Il saurait bien s’adapter.

“- Dis-moi… Est-ce que tu t’ennuies parfois ? lui demanda-t-elle. Je veux dire, de manière générale… Tu es satisfait de la vie que tu mènes ?”

Il se plongea quelques instants dans ses pensées, longtemps qu’il n’avait pas fait le point sur sa propre existence. Vingt-cinq ans, à peine le bac, des petits boulots et un appartement qui tombait en ruine. Sa famille était au loin dans le Nord, il n’avait pas non plus revu son frère depuis des années. Il passait la majeure partie de son temps à fumer, jouer aux jeux vidéos et bricoler. Pas de diplôme, peu d’avenir, rien qui ne soit assez intense pour éveiller chez lui une quelconque passion. L’oeil vide face à son monde qui s’effondrait si lentement qu’il se sentait comme une grenouille dans une marmite, attendant le point d’ébullition où il commencerait vraiment à avoir mal. Et Léa. Peut-être que Léa était la solution. Ou c’était elle, le point d’ébullition.

“- Je t’ai. Qu’est-ce que je pourrais attendre de mieux ?”

Elle se dégagea et alla vers la table de jardin en plastique défoncé, récupérée dans une décharge pour prendre son verre de whisky-coca qui devait reposer là depuis une bonne demi-heure. JB – Carrefour, c’était déjà en soi une horreur, mais celui-là avait perdu tout le gaz, elle se l’enfila d’une traite, tentant d’oublier l’acidité chimique du mélange. Ça lui apprendrait à oublier sa propre bouteille en partant, se dit-elle. Son gobelet se transforma en une masse informe écrasée dans son poing.

“- Bah moi, tu vois, ça me suffit plus.”

Elle sentait l’alerte qui allait grandir en lui, simple automatisme. Les mains posée à plat sur la table, le dos penché, le regard droit devant elle, elle avait une voix trempée dans l’acier et les nerfs. Inverser la vapeur avant le moindre tressaillement de peur, chez lui. Elle savait où l’amener.

“- T’y es pour rien. Je suis bien avec toi, je… je t’aime je crois, non, j’en suis certaine. Je veux rester avec toi.”

Elle envoya le gobelet sur la terrasse rejoindre les mégots, débris, paquets de biscuits salés et un type qui pionçait ivre mort au milieu. Un jour, pensa-t-elle, il faudrait que Mathilde et ses colocataires se décident à s’attaquer à ce dépotoir. En particulier à cette bande noire, là où ivres ils avaient fait brûler un mélange de déodorant et de blanc correcteur, quelques mois auparavant.

“- Mais il me faut plus que ça. J’ai besoin de quelque chose qui me fasse plus vibrer que cours – révision – baise, tu comprends ?

– Alors quoi ? Tu veux qu’on parte en vacances ? Si tu veux, j’ai mon salaire la semaine prochaine, on pourrait aller faire du parapente dans les Pyrénées. Ce sera l’occasion de s’amuser.

– Non. Tu ne comprends pas. J’ai besoin d’autre chose, j’ai besoin de…”

Elle fut interrompue par Mathilde qui débarqua en trombe sur le balcon, pas du tout choquée par le bordel ambiant. Elle avait les yeux qui brillaient, sans doute sous l’effet de la poudre avec laquelle Maxence avait acheté son billet d’entrée – elle ne l’aimait pas beaucoup d’ordinaire. L’alcool la faisait marcher en biais, elle montrait un sourire idiot et incroyablement fière d’elle.

“- Hey, vous êtes là !

– Une seconde Mathilde, on… tenta de répondre Léa.

– Allez viens ! l’interrompit-elle en la prenant par les épaules. Faut que je te montre un truc.”

Elle l’emmena à l’intérieur avant qu’elle n’ait eu le temps de refuser, là où des gens saouls et à moitié nus dansaient, l’un d’eux avait une grosse tête d’ours en mousse sur la tête. Au fond, un barbu en t-shirt Megadeth et rangers argumentait avec une fille pour changer de musique sur l’ordinateur. Jean sourit dans la brume où il évoluait, il y en avait toujours un pour vouloir mettre du métal quand l’occasion ne s’y prêtait pas. Il suivit les deux femmes jusqu’à la table encombrée de bouteilles d’alcool, d’un seau de punch et un paquet de pistaches éclaté. Au centre, on y avait posé une boîte en carton au logo d’Amazon. Quelqu’un l’avait éventré, répandant des flocons de polystyrène jusqu’au sol, une fontaine de morceaux blancs qui crissaient sous les pieds et s’imbibaient lentement d’une bière renversée. La couleur faisait croire qu’on avait pissé dans la neige. Deux boîtes trônaient sur cet étalage, design “flat” de graphiste sous perfusion Apple, emballages carrés, noirs et bleu, le petit lapin blanc comme seule marque distinctive. Léa tendit lentement le bras pour en prendre un, le sortit avec un air blasé, tube d’aluminium solide dans sa paume, elle tordit la bague colorée pour enlever le capuchon pour révéler le phallus de silicone. Belle pièce, large et oblongue. Mathilde était déjà en train de s’emparer de son alter-égo masculin et connecta les deux objets entre eux par le biais de l’application sur son smartphone.

“- C’est bon, c’est branché. Vas-y, sert-le.”

Léa jeta un regard fatigué à son amie, se demandant ce qui avait pu l’amener à jouer avec un sexe en plastique devant un groupe d’une trentaine de personnes qui s’amassaient autour d’elle. Ce n’était pas son genre de se donner en spectacle, mais elle était trop crevée pour s’opposer maintenant. Elle pressa le phallus dans sa main, alors que Mathilde se servait de l’étui pénien comme d’une longue vue. Elle éclata d’un rire proche de l’hystérie, recouvert d’un hurlement.

“- Ça marche, ça marche ! Etienne va adorer, tu n’imagines pas !”

À l’intérieur, la membrane du tube se contractait selon la pression qu’exercait Léa sur le manche, sphincter de silicone au mouvement organique, une prothèse de chair artificielle dont les soubresauts achevaient de la dégoûter. Elle lâcha le gode qui tomba avec un bruit mat sur le sol, et sortit en courant vers la cuisine. Une bouteille de rhum à moitié pleine traînait sur la table, elle en attrapa le goulot et enfila une longue gorgée pour reprendre ses esprits. L’alcool glissait par ses lèvres, le long de ses joues, descendait dans son décolleté et poissait ses seins d’un filet de couleur sombre. Le liquide coula dans sa gorge comme du feu, désinfectant les muqueuses sèches où se concentraient quelques larmes de colère. Trop de psychotropes dans le sang, trop de rancoeur, trop de vide à ne plus savoir quoi faire de sa propre vie. Léa se détestait, détestait son entourage, sentait monter dans ses veines un râle de haine qu’elle ne pourrait contenir longtemps.

“- Léa, tout va bien ?”

Mathilde venait d’entrer dans la cuisine, l’air inquiet, s’approcha de Léa qui venait de reposer la bouteille maintenant au deux tiers vide.

“- Dégage.

– Mais qu’est-ce que…

– Mathilde. Dégage.”

Cet accent dans sa voix qui la reprenait, caractéristique, dès lors qu’elle n’arrivait plus à tolérer la moindre présence dans son espace vital. Les poings serrés pour enfermer le ressentiment, tremblants, et le regard lourd à en percer des plaques d’acier.

“- Léa, mais enfin, explique-moi…

– Tu m’emmerdes. Tu me fais chier. Ton appart, tes amis, ton foutu sextoys qui coûte un bras, ta Twingo et ton garage payé à l’année, et ta vinasse de merde pour te la jouer prolo. J’en peux plus Mathilde.

– Hey, les filles, tout va bien ?”

Jean venait d’entrer à son tour dans la pièce, contemplant sa copine dont les vannes commençaient à craquer sous ses yeux. Il savait ce que cela signifiait, cette tension qui montait chez elle à chaque minute, qu’il ne pouvait entraver, à peine la ralentir. Il devait la faire sortir de là, rentrer chez eux au plus vite, avant qu’elle n’explose ici, en plein milieu de la cuisine, à la face de tout leurs amis. Ses amis, en fait, Jean savait n’être qu’une pièce rapportée, vite oubliée si jamais son histoire avec Léa se terminait. Il aimait bien ces gens, pourtant, avec l’innocence touchante du dernier arrivé qui tente de s’intégrer dans le groupe. Seul à Lyon, il s’était fait à l’idée de la solitude. Après l’avoir rencontré dans ce tramway, il avait repris goût à la sociabilité légère qu’apportait la compagnie d’étudiants insousciants. Agréable contrepoint à son travail, qu’il n’avait plus guère envie de quitter. La menace sous-jacente d’une explosion affleurant dans cette cuisine, menaçant de tout démolir.

“- Allez viens Léa, on s’en va.

– Non !”

Elle dégagea son bras de son étreinte pour se placer devant Mathilde, qui commençait à prendre peur face à son amie déchaînée.

“- Qu’est-ce que tu veux ? Qu’est-ce que tu cherche ? Où est-ce que ça te mène, tout ça ? Sérieux, tu t’emmerdes au point d’avoir besoin de brancher la bite de ton mec à un tube en plastique ? C’est ça, ta seule idée ? T’as rien d’autre comme perspective dans ta putain de vie ?”

Elle haletait entre chaque mot, un océan clos qui se déversait par sa bouche de pression réfrénée. Les mots en soi n’avait plus vraiment d’importance, le soulagement mordant d’hurler au visage de ses collègues de classe suffisait largement. Elle avait l’envie consciente de faire le plus de mal possible, de montrer à quel point ses prétendus amis lui paraissaient en cet instant minables et vains. Ils s’étaient tous amassés sur le pas de la porte, un groupe indistinct qui n’osait s’avancer, de peur de se faire avaler par la tempête. Et le métalleux de la bande profitait de l’occasion pour balancer du Enslaved. Pas perdu pour tout le monde.

“- T’es rien, t’es personne, t’es une petite conne qui se paye des jouets à prix d’or pour se donner l’illusion d’exister. Tu vas vivre et crever sans que personne ne sache qui t’étais. Et vous tous avec !

– Bon ça suffit. T’es bourrée Léa, rentre chez toi.”

Le visage de Mathilde s’était refermé sous la pluie d’insultes, elle s’efforcait de se contrôler, de ne pas perdre son sang-froid. Sans un mot de plus, Jean prit la main de Léa, et lui tendit son manteau de l’autre. Il lui fit passer la haie assemblée s’ouvrant entre la cuisine et la sortie, et s’excusa d’un signe de tête envers Mathilde. Dans le couloir sombre et froid, la jeune fille tremblait encore, des larmes coulaient sur ses joues et des sanglots la faisaient sursauter par à-coups. Elle gardait les mâchoires serrées sur les restes de la colère qu’elle venait de cracher.

“- Mais qu’est-ce qui t’as pris, enfin ? Lui demanda Jean en se plantant devant elle.”

– Rien. Laisse tomber. On rentre.”

Et sans attendre une réponse, elle se jeta dans l’escalier.

Chapitre 4

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