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L’œil : Chapitre 1

L’œil : Chapitre 1

28 avril 2014 13 h 00 min0 comments

L’œil est la suite de Surcharge. Elle se déroule sept ans après.

“On enferme les fous pour faire croire à ceux qui sont dehors qu’ils sont sains d’esprit.”

Ouais. Si on veut. N’empêche que ceux dehors ne sont pas coincés dans une boîte de neuf mètres carré. Merci Montaigne, mais tu n’aides pas beaucoup.

Elle ferma Wikipédia et jeta un oeil incertain vers ses flux de données, ouverts un onglet à côté. La boucle tournait encore. La connexion avait du mal à suivre, quatre cents personnes tentaient de tuer leur ennui en même temps. Certains avaient pu constater, en fouillant un peu, que le réseau transitait par un serveur qui espionnait leurs requêtes avant de les laisser passer. Il les passait au crible du logiciel de moralité, effaçant soigneusement les résultats interdits. Ça ralentissait la navigation, et donnait l’impression de lire toute la journée les nouvelles d’un monde pour enfant. Pas de sujets violents, pas de jeu en ligne, un service de VOD aseptisé, au coût prohibitif. Rien d’anxiogène. Pas de porno. Ça commençait presque à lui manquer.

Elle avait le droit à trois heures de connexion pour usage personnel, le soir, et une heure le matin. Le reste du temps, un écran gris occupait toute la place, l’interface du programme de contrôle. Elle travaillait comme analyste en performance, pour une boîte de sous-traitance en évaluation logicielle. Un boulot emmerdant, elle passait la journée à lire des notices expliquant ce que devaient faire les programmes, puis vérifier s’ils le faisaient bel et bien. Elle pouvait dans une même journée répéter la même opération dix fois, ou cent fois, juste pour s’assurer qu’il n’y avait pas de bugs qui traînaient. D’après ce qu’elle avait pu comprendre, à force de répéter des consignes parfois obscures, aucun système automatisé n’était capable de réaliser cette tâche. Il fallait l’irrationalité d’un être humain pour envisager des commandes inattendues. Des logiciels de comptabilité, de gestion de clientèle, de vente ou de programmation… Elle n’avait pas besoin de comprendre ce qu’elle faisait, ce qui la frustrait d’autant plus. Chaque jour, elle avait l’impression de tourner comme un rat dans un labyrinthe aux parois mobiles. Testant des parcours multiples pour aller d’un point A à un point B, toujours les mêmes. Peu à peu, elle se sentait agir comme un robot, maintenant le niveau minimum de conscience pour ne pas être absente à ce qu’elle faisait. Le juste nécessaire pour ne pas trop penser à elle-même.

Ce travail n’était pas qu’un moyen de payer son séjour. Il faisait partie intégrante de son processus de réhabilitation. La répétition était sensée lui permettre de purger ses passions, de lui donner l’habitude d’effectuer quelque chose, régulièrement, pour participer à l’économie et à la société autour d’elle. En tout cas, c’est ce qu’on lui avait raconté lorsqu’elle était entrée ici. Le directeur lui avait fait tout un discours, derrière son bureau encombré de dossiers et de tasses de café vides, entourant un ordinateur portable. Un type barbu, au ventre épais qui tirait sur son costume-cravate coupé trop court. Ses cheveux semblaient plus jeunes que sa barbe, sans qu’elle n’ait eu l’impression qu’il se les teignait. Il lui avait proposé de s’asseoir, lui avait offert de boire quelque chose, s’était inquiété de savoir si le voyage s’était bien déroulé. Elle avait souri. Toujours sourire, quelle que soit la personne à qui vous parliez. Que vous vouliez lui vendre quelque chose, l’embrasser ou lui éclater le nez d’un coup de genou. Elle avait appris très tôt que sourire lui donnait un avantage tactique, qu’une bonne humeur calculée apaisait la méfiance que certains pouvaient avoir. Alors elle avait sourit au directeur et s’était contentée de répondre aux questions par monosyllabes, accompagnée de formules de politesse d’usage. Rien de trop chaleureux, assez pour instaurer une connivence. Assez pour lui laisser penser qu’elle n’était pas son ennemie. Ainsi, elle avait posé les bases d’une relative tranquillité. Sur un territoire, il fallait jouer selon les règles du plus haut placé pour arriver à ses fins. Encore une chose qu’elle avait appris rapidement. En l’occurrence, le directeur ne s’était pas intéressé à elle depuis cette unique présentation, quatre mois auparavant. Un peu moins. Elle y tenait. Ça ne faisait pas encore quatre mois qu’elle était ici, encore quelques jours pour le compte. Un des rares moyens de ne pas se laisser endormir par l’ambiance qui régnait ici : compter les jours. Même quand ils se ressemblaient tous.

Certains résidents prenaient des anxiolytiques pour dormir, et rester calmes la journée. Surtout dans le bloc d’en face. Les mecs semblaient moins bien supporter ce genre de routine que les femmes. Ils avaient tendance à tourner en rond comme des lions en cage, à leur arrivée. Il y en avait qui parvenaient à s’habituer, d’autres qui craquaient, qu’on soulageait aux médicaments. On voyait les nouveaux résidents aux repas dans le réfectoire. Ils semblaient nerveux les premiers jours, s’engueulaient parfois avec le personnel. Quelques uns s’installaient à une table, la plupart du temps selon une couleur de peau, ou un accent dans la voix, et cherchaient des plans pour installer leurs marques. Commerce, influence, ils reniflaient à la recherche de l’odeur du pouvoir. Ils étaient souvent déçus. Tout le monde passait le plus clair de son temps dans sa cellule, seul, en dehors des heures de repas et de promenade dans la cour. Il n’y avait pas grand chose à trafiquer de toutes manières, les visites de l’extérieur étaient plus que rares : elles étaient inexistantes. Contraires au processus interne de réhabilitation, selon le directeur. Distractions contre-productives. Isolés du monde, avec juste un peu de sociabilité pour rester sains d’esprit, les résidents abandonnaient vite toute velléité d’organisation parallèle. Le soir, elle entendait les cris, les gémissements de ceux qui s’endormaient. Leur longue descente vers l’anonymat.

Sans doute le truc le plus flippant dans cet endroit. Ces zombis chimiquement contrôlés, manipulés par le personnel, ils l’avaient choquée à l’instant où elle était entrée dans le réfectoire. Alors elle s’était assurée de ne jamais franchir la limite qui la mènerait à l’infirmerie. Rester saine d’esprit. Compter les jours. Revoir le passé, encore et encore, examiner la pertinence et la clarté de ses souvenirs. Ne pas oublier qu’il y avait une vie en-dehors de cet endroit, qu’elle était destinée à y retourner. À y vivre selon la volonté qu’on tentait de brider. La vacuité de son travail glissait sur elle comme de l’eau froide. Elle vérifia le chargement des flux qui n’en finissait plus de tourner. Le navigateur n’avait rien à voir avec les standards de performance Neogenesis, qui n’avait pour objectif que d’imposer Chrome sur toutes les machines de la planète. Elle se concentra à nouveau sur l’article de Wikipédia qu’elle consultait. La biographie d’une actrice ? Belle carrière, mais elle se demandait par quels liens elle avait pu atterrir sur cette page. Au fil de ses pensées, une partie de son cerveau avait navigué en automatique sur le Réseau, rebroussant sans les voir les chemins barrés par le logiciel de moralité. Dangereux, elle se laissait aller. Elle ferma les yeux un instant, puis se leva de son siège pour contempler sa cellule.

Des murs trop blancs, de cette couleur douloureuse qu’ils ont quand on vient de les repeindre, et que le temps n’a pas voilé. L’unique fenêtre était pointée face au soleil, à cette heure ci la lumière dans la cellule était aveuglante, ricochant sur les murs et se reflétant sur l’écran, et sur le lino au sol. Le mal de tête commençait à la gagner, elle s’allongea sur son lit, cachée de la fenêtre par la hauteur de l’armoire en contre-plaqué. Le sommier métallique grinça sous son poids, neuf et désagréable, pas encore moulé à la morphologie d’un corps humain. À travers le matelas, elle sentait les anneaux d’acier qui s’enfonçaient dans la chair. L’oreiller était dur, la couverture rêche. C’était pas si mal, elle avait connu pire. Une dalle de béton comme couche et un trou dans le sol comme toilettes, une fois. Au moins, ici, elle avait un lavabo, et de quoi ranger ses affaires. La console fixée au mur était l’une des rares marques de technologie moderne qu’elle avait sous les yeux. L’autre marque, c’était une boule fixée au plafond, une caméra. L’administration pouvait l’observer toute la journée, on lui avait fait signer un formulaire. Il y avait sans doute d’autres capteurs dans les murs… Les yeux sur le crâne du rat. Une boîte où on la laissait pour l’observer. Les yeux sans paupières de la boule noire au-dessus de sa tête. Fais ce que te dis la machine, et sois ce qu’on attend de toi. Tous les jours. Sans arrêt.

Pas étonnant que certains deviennent dingues, après tout.

“- Le courrier !”

La voix la fit sursauter et se retourner d’un coup sec sur le matelas. Elle ouvrit les yeux, le temps de faire le point, de réaliser ce qu’on venait de lui dire. Le courrier. La livraison quotidienne du lien ténu avec l’extérieur. Elle se leva pour aller vers la porte, qui s’ouvrit devant elle. Une femme la regardait avec un grand sourire, elle portait l’uniforme des résidents. Grande, cheveux bruns, le teint gris d’une sensation de manque qui s’éloigne. Une cicatrice mal suturée sur la joue, qui remontait à la pointe du sourcil droit. Un dauphin tatoué sur la main lui tendant le paquet. Constance. Elle était gentille, Léa l’aimait bien. Elle passait tous les jours apporter à tout le monde les paquets qu’on leur expédiait. Apportant une forme de joie difficile à trouver autrement. Elle signa le formulaire sur un écran tactile souple qu’il avait dans la main, lui sourit. Toujours sourire, se créer des atouts.

“- Qu’est-ce que tu as commandé ?”

Le paquet était emballé dans un carton décoré du logo du transporteur local, la question était légitime.

“- Un livre. Tu sais, pour passer le temps. Décrocher de l’écran.

– Le dernier Goncourt ?

– Nan, de la sociologie. J’en faisais… Il y a longtemps. J’essaie de reprendre, rester à niveau. Pour quand je sortirai.”

Elle hocha la tête. Elle avait l’air triste, et fatiguée. Léa n’aimait pas ça.

“- Ah tiens, il y avait ça aussi pour toi.”

Elle lui tendit une enveloppe. Blanche, pas pré-affranchie, le genre qu’on trouvait dans les supermarchés. Un timbre collé de travers, le tampon d’un bureau de poste parisien. Quelqu’un s’était souvenu de son existence, on prenait contact avec elle. La bordure collante avait été ouverte puis refermée, elle pouvait le voir, mais s’y attendait. On la surveillait à chaque seconde de sa vie, pourquoi son courrier aurait-il été traité différemment ?

“- Merci, Constance.

– On se voit ce soir ?

– Je mangerai seule, si ça ne te dérange pas. Je dois réviser”, répondit-elle en levant le carton du livre devant elle.

– D’accord. Bonne soirée.”

Elle ne réussissait pas à manger tranquille depuis qu’elle savait que Constance avait violé trois personnes. Autrefois. Mais ce n’était pas la seule qu’elle repoussait ainsi. À force d’isolement, elle finissait par apprécier ses pensées solitaires. Ou plutôt, elle savait de moins en moins tenir une conversation joyeuse et informelle avec un autre être humain. Sans usage, la parole se perdait. De toute manière, répondre à ses attentions serait bien trop coûteux : il leurs faudrait engranger une quantité considérable de faveurs pour avoir le droit de passer une nuit ensemble.

Elle déplia la lettre. Un manuscrit, dont l’auteur avait pris grand soin. Il restait les fantômes des lignes qu’il avait tracé au crayon, puis gommé. L’écriture était ronde et belle, régulière, facile à lire. Une marque de respect. Celui qui lui avait envoyé cette lettre s’était appliqué. Elle passa vite sur les formules de politesse d’usage, un peu trop soutenues à son goût. Son correspondant ne devait jamais avoir eu de problèmes d’argent, ça sentait le lycée privé et l’école de commerce. Une simple feuille blanche, sans signe distinctif, mais douce au toucher. Écrire dessus devait être agréable.

Je m’appelle François Marsan, je suis journaliste chargé des faits divers au journal Le Monde. J’ai couvert avec grand intérêt votre carrière, depuis les événements qui vous ont fait connaître au public, il y a sept ans. Par la suite, j’ai été chargé de nombreux articles transversaux, reprenant les informations à votre sujet, au cours des années qui ont suivies. J’ai également participé à plusieurs débats télévisés, dont l’objectif étaient de dissiper les fantasmes vous concernant.

Voilà qui la surprenait. Un journaliste qui s’intéressait à son cas. Il y en avait eu, ils étaient nombreux à avoir suivis ses faits d’armes. Mais aucun n’avait cherché à s’adresser directement à elle. Une barrière dense d’impératifs légaux et de secret professionnel l’avait tenue écartée des projecteurs depuis son entrée dans le complexe. Difficile d’accéder à elle, et quand bien même. Elle aurait refusé, elle était trop secouée à l’époque pour pouvoir s’adresser à un journaliste. Cela dit, elle était étonnée que celui-ci ait réussi à l’atteindre, malgré la cage dans laquelle on l’avait enfermée. Il devait être plus intelligent que la moyenne. Plus persévérant. Ou, sans doute, moins soucieux des règles à respecter dans ce genre de situation. Elle sentit monter une pointe de curiosité qui la poussa à continuer la lettre.

Malgré les circonstances, je suis persuadé que toute la lumière n’a pas été faite sur votre cas. Je pense que l’on vous a empêché de parler pendant plusieurs années. Vous n’avez pas eu l’occasion de défendre votre cause à sa juste valeur. Voilà pourquoi je vous contacte.

C’était une manière de voir les choses. Il aurait pu dire qu’on l’avait rangé dans le trou le plus perdu de cette foutue planète pour qu’elle ne fasse pas de vagues, et qu’on l’oublie au plus vite. Ça aurait été encore plus proche de la réalité.

Je souhaiterais réaliser une ou plusieurs interviews de vous, au sujet de votre carrière, et de votre perception de celle-ci. Dans l’idéal, j’aimerais réaliser un livre complet, qui retracera votre parcours de ces sept dernières années. Vous aurez ainsi l’occasion de présenter votre version de l’histoire, votre vérité, loin des images romancées avec lesquelles on vous a présenté. Vous pourrez montrer les faits sous un nouveau jour, vous exprimer en votre nom propre, et ne pas laisser votre parole être détournée et utilisée à votre encontre, comme elle l’a déjà été.

Elle plia la feuille entre ses doigts, le temps de regarder par la fenêtre les derniers rayons du soleil couchant. En se mettant sur la pointe des pieds, elle aurait pu apercevoir la côte derrière les barreaux, la plage de sable et de graviers qui descendait vers l’océan. À la fois proche et inaccessible. La vérité… Elle n’espérait plus en profiter un jour. L’opportunité était surprenante. Au fond de sa cellule, voilà qu’une porte de sortie inattendue s’ouvrait. Une porte qu’elle ne demandait qu’à emprunter. Se focaliser sur l’objectif, avoir une raison de se battre. Avoir un but, qui serait réalisable. Voilà de quoi la tirer de la monotonie de cet enfer aux murs blancs, qui puait la camisole chimique à brève échéance.

Bien entendu, nous ne pouvons pas nous rencontrer physiquement, eu égard à votre situation. J’ai donc obtenu d’un de mes contacts dans l’administration une permission de mener ces entretiens par vidéo-conférence. Nous utiliserions un logiciel agréé par l’État, et nos conversations seraient enregistrées. Ce n’est pas ma manière habituelle de travailler, mais vous aurez tout de même la possibilité d’exposer clairement votre point de vue.

Oui, c’était trop demander d’avoir un minimum de liberté dans cette boîte de neuf mètres carré. Sans parler d’intimité. Le reste n’était à nouveau que politesse d’usage et formules convenues. Elle lâcha la lettre sur son lit et alla jusqu’à la fenêtre, pour réfléchir, observer l’océan. La lumière résiduelle du soleil caché sous l’horizon imprimait des déclinaisons de jaunes et de rouge sur les vagues, donnant l’impression d’une mer de sang coulant au loin. Ou d’acier en fusion. Un livre, sur sa vie ? Elle n’osait pas y croire. Elle n’avait rien de si particulier que ça. Elle se sentait juste une fille qui voulait être un peu plus libre, vivre un peu plus que son entourage. Avoir un impact, n’importe lequel. Non, elle n’était pas une héroïne de roman. Mais un livre, une biographie, sa propre version ? C’était une carte à jouer, un coup qui pouvait lui rapporter gros.

Elle n’avait pas été femme de pouvoir. Mais elle avait appris d’autres choses encore. Comme des secrets.

Elle allait y réfléchir. Constance ne repasserait que demain, avec son grand sourire et ses espoirs déçus. Elle avait le temps de décider quelle réponse apporter à ce journaliste. François Marsan. Le nom sonnait bien.

“FERMETURE DES PORTES.”

La voix avait la tonalité grotesque d’un méchant ordinateur tueur dans un film de science-fiction au rabais. Elle hurlait tous les soirs comme ça, dans chaque cellule, en même temps, pour bien faire comprendre qu’il était l’heure d’aller dormir. L’administration aimait sa routine. Le volet glissa devant ses yeux d’un claquement sec, lui arrachant son paysage. Elle soupira, puis se baissa lentement pour aller vers son lit. Une fatigue commençait à la prendre dans le bas du cou, raidir sa nuque, et montant jusqu’à ses tempes. Pas d’aspirine, même si elle en aurait eu besoin. Ne pas les laisser lui donner des cachets. Garder le contrôle, pas de chimie. Mais c’était dur. Chaque jour un peu plus.

“À L’APPEL DE VOTRE NOM, RÉPONDEZ PRÉSENT.”

Était-il vraiment nécessaire de le répéter chaque soir ?

“ANGELA TREMBLAY.

– Présente.”

Elle contempla le petit miroir accroché devant elle. La fatigue se lisait aussi sur son visage, surtout sous ses yeux dont les cernes se creusaient, lent travail de sape. Il fallait qu’elle réussisse à dormir. Les tâches de rousseur ressortaient sur sa peau blanchie par le manque de soleil. Les racines rousses apparaissaient sous la coloration brune, il faudrait qu’elle se coupe tout ça. Sous le néon de la cellule, elle sentait ses muscles flasques, chargés d’électricité statique inutile. Ce n’était pas son habitude.

“NADYA YAKOUT.

– Présente.”

Demain, elle prendrait son temps pour écrire sa réponse, tant pis pour le boulot. Après tout, ce n’est pas comme si elle pouvait tomber beaucoup plus bas. Trente ans fermes, la présidente qui avait menée campagne sur son dos, une conditionnelle à des années-lumières. Ils n’iraient pas chialer pour quelques heures de retard dans le test d’un traitement de texte.

“LÉA FONTAINE.

– Présente.”, répondit-elle. Léa Fontaine. Encore aujourd’hui. Et le plus longtemps possible.

Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6

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