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La voie des fantômes – Chapitre 6

La voie des fantômes – Chapitre 6

22 août 2015 13 h 55 min0 comments

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« — Alors… Ta fille, hein ?

— Ouais. Elle est plutôt sympa, n’est-ce pas ?

— C’est pas le mot que j’aurais employé.

— Bon d’accord. Moi non plus, remarque. Mais elle est efficace.

— Elle tient de sa mère. Et pas la plus détendue des deux. »

Diana Fary Nyobe hocha la tête avec un sourire. Elle ne pouvait qu’en convenir. Avant sa mort, son ex-femme était renommée pour sa tendance à tout faire exploser quand quelque chose lui déplaisait.

Nyobe avait 70 ans et en paraissait à peine 50. Le traitement régénérant qu’elle prenait depuis des années avait ralentit le vieillissement de son corps, préservant son acuité intellectuelle autant que ses capacités physiques. De fait, elle n’avait pas beaucoup changé depuis leur première rencontre, trois décennies auparavant. Oh, ses cheveux gris contrastaient un peu avec sa peau très noire, elle avait quelques rides autour des yeux, et se tenait un peu plus voûtée. Mais cet éclat d’intelligence dans le regard, cette acuité et cette résolution parfaite, c’était toujours là. Une intelligence qui lui avait permis de mettre en oeuvre le plan d’extraction de l’intelligence artificielle.

Kestrel et elle étaient assis à la terrasse d’un élégant café à l’esthétique européenne, au troisième étage d’un luxueux aéroport international. Une compagnie de mercenaires gardait l’endroit, le protégeait contre les bandes de pillards et de combattants illuminés qui écumaient la région. Une plaque tournante pour les trafiquants et toutes les personnes qui voulaient voyager discrètement, tolérée par le gouvernement égyptien. Heureusement, Nyobe pouvait se payer l’entrée. Il y avait même une clinique au noir au sous-sol pour retaper l’équipe.

« — Alors, tu as pu mener tes analyses sur le programme que vous avez récupéré dans ce bunker ?

— J’ai commencé. JC ne se laisse pas faire, il est… Déroutant. Sa personnalité peut parfois se montrer hostile, ou peu coopérative. Ça va prendre pas mal de temps pour comprendre comment il fonctionne.

— Bon, je ne m’attendais pas à ce que tu le désosse en un seul jour, de toute manière.

— Dans ce cas, pourquoi tu m’as demandé de venir ? Pas pour le télécharger sur un disque, c’était un jeu d’enfant. Et j’ai pas été d’une grande aide durant tout le trajet. Quand aux autres, ils ne semblent pas apprécier ma compagnie.

— Turkey m’a dit qu’elle t’aimait bien.

— Encore un jour en L ?

— Ce n’est pas un sujet qu’elle aborde souvent. Elle a plutôt tendance rejeter ceux qui l’interrogent. Tu peux voir son ouverture comme une marque de confiance. C’est plutôt une bonne chose pour vous deux.

— Mais oui, c’est génial. Il ne me reste plus qu’un cyborg psychorigide à persuader, ainsi qu’une furie chargée aux… À quoi d’ailleurs ? Qu’est-ce que tu lui as mis dans le ventre ? »

Nyobe soupira et se gratta la tête dans un geste de gêne qui aurait pu paraître comique. Derrière la baie vitrée, un gros Airbus A390 recouvert de peinture furtive était emmené sur la piste de décollage. Le revêtement s’écaillait sur les bords de fuite des ailes et autour des réacteurs. Son trafiquant de propriétaire devait être plutôt radin sur la sécurité.

« — Une architecture de nanomachines produites par une usine implantée dans son corps. Je l’ai créé lorsque je travaillais à la Cidade. Le treillissage renforce ses os, ses organes et ses muscles, et transmet les impulsions nerveuses plus vite. Et l’architecture forme un réseau qui lui permet de stocker et traiter un grand nombre de données. Des trajectoires de combat, par exemple.

— Et ça ne te pose pas de problème d’avoir transformé ta fille en super-soldat ?

— J’ai conçu le système parce qu’elle allait mourir d’une défaillance globale de ses organes. Mais c’est elle qui en a fait une arme, après que lui ai appris à le programmer. Je ne sais pas si elle s’est modifiée ainsi pour m’aider ou si c’est l’héritage familial.

— Au moins c’est efficace. J’ai vu ce qu’elle peut faire et c’est…

— Fabuleux ? Terrifiant ? J’aimerais parfois qu’elle arrête ce combat. C’est le mien, pas le sien. Mais elle semble encore plus décidée que moi à faire tomber la Diamond. Alors bon, je ferme les yeux, je me persuade que c’est pour la bonne cause… Tu crois que je me mens à moi-même ? »

Sous la surface de sa confiance en soit, Nyobe était profondément épuisée. Elle jouait à ce jeu du chat et de la souris avec l’une des plus grosses entreprises du monde depuis près d’une décennie. C’était usant. Il fallait le mental d’un méchant de film d’espionnage pour supporter ce mode de vie. Six brevets fondamentaux en neuro-ingénierie et une équipe d’opérateurs ne suffisait pas à vous transformer en parfaite génie du crime.

Kestrel se leva, son verre de vodka à la main. Pour la première fois depuis un mois, il se sentait bien. Incroyable l’effet que pouvaient faire une bonne douche, un repas chaud et de nouvelles fringues importées de Séoul. Il avait dormi pendant un jour et une nuit entière dans les draps de soie d’un hôtel cinq étoiles, avant de savourer un excellent café, des oeufs et de la confiture de framboise, sa préférée. Il était alerte et reposé, bien plus proche de la fiction Kestrel que de l’incapable Stéphane. Mais même Kestrel n’avait pas toutes les réponses.

« — Comme nous tous, Nyobe. Comme nous tous. D’autant que c’est difficile pour des gens comme nous de savoir ce qui se passe dans sa tête.

— Elle reste humaine.

— Une humaine capable de réfléchir bien plus vite que n’importe qui et de stocker une quantité immense d’information dans sa double mémoire. Je ne me risquerais pas à dire que je peux comprendre comment elle fonctionne. De son point de vue, son massacre était sans doute justifié. Ou alors elle pense comme JC et ne considère pas qu’une vie a de la valeur.

— Est-ce que tu traites ma fille de monstre ?

— Non, rassures-toi. Mais je serais toi, je la garderais à l’oeil. Et je repasserais sur tous les programmes qu’elle s’installe. Ce serait con qu’elle se plante sur une ligne de code et devienne dingue. »

Nyobe se leva, son manteau et ses lunettes l’aurait fait passer pour une version fantasmée des hommes en noir. Nouveau style, beaucoup moins chatoyant. Un des petits détails qui montraient à quel point la mort de sa femme l’avait affectée. Elle s’avança doucement vers lui et s’accouda à la barrière pour observer l’avion du trafiquant se faire arrêter par un responsable des pistes.

« — Je suppose que retourner aux travaux pratiques ne lui ferait pas de mal. Mais je doute qu’elle le prenne bien. Elle tient à son indépendance. Enfin… À celle que je lui ai laissé, en tout cas.

— J’ai jamais eu d’enfants, mais j’imagine que ça n’a pas été facile.

— Elle a été malade. Elle a perdu une de ses mères et ça l’a obligé à s’enfuir. Elle a subit une opération qui aurait tué la plupart des gens. Et au lieu de lui foutre la paix, je l’ai embarqué dans une guerre que je doute de pouvoir gagner. Ça fait beaucoup. »

Elle secoua la tête pour chasser de son esprit l’image de sa femme dégringolant en flamme le long de l’arcologie Alpha-1 de la Cidade. On ne supprime pas facilement une obsession comme celle-là.

« — Parlons d’autre chose. Cette intelligence artificielle, comment tu l’as appelé… JC ? Qu’est-ce que tu peux me dire sur elle ?

— Si ça avait été un être humain, j’aurais été stupéfait de sa stabilité émotionnelle après trente ans d’isolement. La personnalité semble très résiliente et adaptative. Il faudrait mener des tests avec plusieurs sujets, mais je crois qu’elle s’adapte aux interlocuteurs qu’elle veut influencer. En quelque sorte, elle crée un idéal, pas forcément séducteur ou aimable d’ailleurs, vers lequel l’interlocuteur sera attiré.

— Mais tu m’as dit qu’elle pouvait être hostile avec toi ?

— Cassante, en tout cas. Genre amour vache. On se demande ce que ça peut vouloir dire sur moi, non ?

— Ouais. Plutôt effrayant comme perspective. Enfin, si on admet que cette chose est si douée.

— Oh elle l’est, à tous les niveaux. Les sécurités du char, niveau militaire ? Pfiou ! Passé au travers comme si elles n’étaient pas là. Va falloir la garder à l’oeil, elle aussi. »

Nyobe éclata de rire, brièvement, avant de finir son verre et de le reposer. Elle avait toujours ce rire d’adolescente, libre, très musical. Pendant un instant, elle paraissait moitié moins âgée.

« — Eh bien ça nous fait une sacrée famille dysfonctionelle. Bon, je dois te laisser. J’ai encore pas mal de truc à préparer avant notre départ. Tu viendras avec nous ?

— Jusqu’à Saint-Pétersbourg, au moins. Ensuite… Je sais pas si j’ai encore envie de rentrer en France.

— Nous avons les moyens de te protéger des questions de l’armée. De cacher ce qui s’est passé dans le désert. Ce n’est pas comme s’ils avaient des photos aériennes.

— J’y songerai. »

Elle s’approcha de lui avec un sourire. Gentille, avenante. Compréhensive. Quelque part, ça lui fit chaud au coeur. Il y avait bien longtemps que personne ne s’était montré compréhensif avec lui. Les gens exigeaient.

« — On aimerait beaucoup t’avoir avec nous. Vraiment.

— Ouais. J’y penserai, t’inquiète. »

Elle le laissa là et disparu par un escalier, les mains dans les poches. Sur la piste, le responsable s’était décidé à laisser partir l’avion, qu’on traînait désormais dans l’axe de décollage. Il eut envie de fumer une cigarette et il se rappela qu’il avait grillé sa dernière sur le cadavre du drone, là-bas, dans le désert. Avant-hier. Ça paraissait être au moins un siècle auparavant.

Ptete que c’est ta chance, Kestrel. Ou peut-être que tu vas encore lamentablement tout foirer, encore une fois. Alors, t’es prêt à prendre le risque ? Ou tu vas te défiler et rentrer à la niche, dans ta zone de confort ? Le château et le dragon ça te suffisait pas, on dirait.

Il haussa les épaules en se disant qu’il avait le temps d’y penser avant le départ. Puis il partit s’acheter des clopes.

*

Kestrel remonta la cabine de l’avion privé pour s’asseoir en face d’Iridia. Elle avait des pansements un peu partout sur le corps et le visage, et on avait enveloppé son bras gauche dans une attelle. Mais c’était pas très efficace parce qu’elle avait déjà arraché deux fois le gant de tissu par inattention. À la décharge du toubib, personne n’avait songé un jour concevoir une attelle pour un patient au métabolisme surchargé comme le sien. Elle lisait encore son livre en détournant parfois la tête pour regarder les nuages effleurer les ailes de l’appareil.

« — Salut.

— Salut, ça va ?

— Ouais et toi ? Tu te remets ?

— Si on veut. Je cicatrise vite, d’ici deux jours je serais au top. Comme avant. »

Ils laissèrent les secondes s’écouler, mal à l’aise. Difficile de mettre des mots sur ce qu’ils avaient vécu dans le désert. Elle avait vu Morgane et Myrddin mourir sans rien pouvoir faire, malgré ses capacités. Et ça la rongeait, même si elle ne le montrait pas. Elle les connaissait depuis un bout de temps. Pendant un instant, Kestrel se souvint qu’elle était très jeune, dans un sens. Elle en avait déjà vu beaucoup pour une si courte vie.

« — Du coup… Tu vas venir avec nous ?

— Je pense, ouais. Pas grand chose qui me retienne là-bas. Faudra juste que je repasse chercher mon chien. Il doit s’ennuyer sans moi.

— C’est bien, c’est bien. Il aura de la place pour courir là où on va. J’ai un peu parlé avec JC. Il ne l’admettra pas, mais je crois qu’il est soulagé de continuer à bosser avec toi.

— Ça en fera au moins un. »

Il pointa du regard Shadow qui dormait sur un siège, deux rangées plus loin. Si le cyborg avait été discret auparavant, il était devenu carrément muet depuis leur arrivée à l’aéroport. Pas décroché un mot de tout le séjour. En même temps, Kestrel l’avait peu croisé, et ça lui allait très bien.

« — Il est vexé. Ça lui passera, t’inquiète.

— Et toi, qu’est-ce que t’en penses ?

— T’as fait un bon choix. Je vous aurais raté sinon, j’aurais coupé direct et on serait tous mort. Pour le reste… »

Sa voix resta suspendue sur le fil ténu de la rancune qui planait entre eux deux. Le conflit non résolu qui avait éclaté dans la cour du bunker, au-dessus des corps des gardes de la Diamond.

« — J’ai fait un choix, moi aussi. Et je suis persuadée qu’il était aussi bon que le tien. Si on avait pas raté un de ces types, on serait là tous les six. Mon erreur est de ne pas avoir été assez exhaustive dans mes fouilles du complexe.

— Alors c’est ça ? On tue des gens qui étaient seulement là, et on s’en va le coeur léger ? Qu’est-ce que c’est sensé signifier ?

— J’en sais rien, Kestrel. Franchement, j’en sais rien. »

Elle fouilla dans l’accoudoir et en sortit une bouteille d’eau, de son habilité à une main qu’il avait déjà remarqué. Elle réussit même à faire sauter l’opercule en plastique sans se servir de l’autre. Mais c’était surtout pour se donner une contenance.

« — Je suis un soldat dans une guerre qui me dépasse et je dois faire ce qui est nécessaire pour que mon camp gagne. Ce nécessaire implique parfois de tuer des soldats ennemis. J’y suis préparée.

— Des soldats ennemis ? Enfin, c’était des gosses qui échangeaient des tours de garde contre un salaire !

— Ils étaient membres d’une armée privée. Une armée dirigée par Sarah Diamond et sa famille. Et crois-moi, s’il y a un mal absolu dans notre monde, les Diamond sont à la tête du podium. C’est pas qu’une question personnelle. Tu as lu les rapports, tout comme moi. »

Parlons-en, des rapports. Kestrel se demandait à quel point ceux-ci avaient pu être édulcorés, altérés pour faire ressortir les points favorables à la vision d’Iridia et de sa mère. Il ne les pensait pas foncièrement malhonnêtes, mais l’esprit humain avait ce don de se tourner vers les informations qui l’arrangeait le plus.

« — Est-ce que je le referai si je le devais ? Oui, sans doute. Si les circonstances l’exigent. Est-ce que j’en suis fière ? Pas du tout. C’est un mal nécessaire, un prix que je paie. Tu sais… »

Il attendit que la voix d’Iridia se brise sur un écueil quelque part au fond de sa conscience améliorée.

« — J’ai pas demandé à être comme ça. Enfin, j’aurais pu demander à ne pas l’être. Je crois. Mais je ne voulais pas mourir. Et ensuite… Les choses se sont enchaînées, très vite. Parfois, j’ai encore l’impression d’être cette gamine dont la vie peut s’arrêter d’un jour à l’autre. Et ça me fait flipper, vraiment. Je préfère être celle que je suis maintenant, peu importent les conséquences. Au moins, j’ai le contrôle.

— Je vois. »

Au final, il n’avait pas de rancoeur à avoir. Iridia portait déjà sa culpabilité avec elle, où qu’elle aille. En rajouter aurait été cruel. Kestrel savait qu’on ne pouvait pas taper sur un esprit un nombre infini de fois avant qu’il ne casse. Il l’avait vécu, lui aussi. Le mieux qu’il pouvait faire, c’était la pousser à devenir meilleure. plus humaine, plus prévenante envers les autres. Et pour ça, il devait rester.

« — Je comprends. On en reparlera un autre jour. Je vais te laisser te reposer.

— D’accord. Merci. »

Il remonta encore vers la cabine de pilotage. Il n’y avait personne, Turkey avait disparu après avoir engagé le pilote automatique. Il pêcha une oreillette sur un rack et s’installa dans un fauteuil confortable. Sur les écrans, le ciel paraissait vide et serein, à peine moucheté par la traînée d’un astéroïde tombant parfois de la ceinture pour se consumer dans la haute atmosphère.

« — Hey, t’es là ?

— Le champion de la semaine, quelle bonne surprise ! Et que me vaut l’honneur de discuter avec le héros de ces dames ?

— Ta gueule JC, n’en fais pas tout un plat.

— Bah tiens. Tout le monde te félicite d’avoir enfreint les ordres et oublie soigneusement ma petite contribution à l’affaire. Je ne sais même pas pourquoi je ne suis pas vexé.

— Parce que tu ne peux pas te vexer.

— Ouais. C’est pas faux. Alors, quels sont tes projets pour les mois à venir ? »

Son rire avait le côté grinçant d’une scie à bois qu’on racle sur une paillasse en métal. Assez désagréable. Kestrel prit note de le pousser à éditer cette partie déplaisante de sa personnalité, pour commencer.

« — Eh bien j’imagine qu’on va nous emmener dans un site secret perdu je ne sais où, et on va y passer du temps à discuter. Découvrir ce que tu es, ce dont tu as besoin et ce dont tu es capable. Ce genre de chose. On ne risque pas de monter au feu à nouveau avant un moment, et ça, c’est pas pour me déplaire.

— Bah, tant qu’on ne s’ennuie pas. Mais j’imagine qu’on ne me fournit pas un serveur tout confort par pure charité. T’aurais pas une idée de la suite du programme ?

— Garde-le pour toi, mais il semblerait qu’on doive empêcher une conspiration visant à dominer le monde. »

Le rire de la scie grinçante, une fois encore.

« — Fabuleux. Parfait. Très romantique. C’est votre truc ça, de faire dans le grandiose. Mais d’accord, si t’es là, je marche. Qui sait ? Ça pourrait devenir amusant.

— Pas trop quand même, j’espère bien en sortir en vie.

— Faut pas trop s’attacher à ces détails là. C’est le carbone qui parle, faut pas l’écouter.

— Si tu le dis. »

Il coupa la communication et laissa filer l’avion devant lui. Le temps de faire le point. Sans doute que c’était une idée stupide. Mais ça, il n’avait qu’un seul moyen de le savoir. Et c’était de foncer en plein dedans. Il pourrait toujours se morfondre plus tard, c’était un truc qu’il maîtrisait.

Une ingénieure illuminée. Une tueuse remplie de nanomachines. Une intelligence artificielle auto-créée responsable d’une guerre mondiale. Un/e révolutionnaire transsexuel/le. Un cyborg de combat grognon. Et un opérateur des services secrets dépressif.

Sacrée équipe.

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